RETOUR                                Le projet pèlerin

 

Qu'est-ce que le « projet pèlerin » ? 

Le « projet pèlerin » a été un projet expérimental servant à la fois à rendre féconds des couples de faucons stérilisés par
la contamination aux pesticides organochlorés, et à renforcer la population sauvage à partir de jeunes élevés en captivité.

L'hypothèse...

...était que les pesticides organochlorés se fixant sur de préférence sur les graisses, il n'était pas déraisonnable de
penser qu'une partie de ces pesticides allait être évacuée dans la ponte – les jaunes d’œufs étant particulièrement
riches en graisses.

Le protocole

En plaçant les œufs en incubateurs :

• d'une part on supprimait les risque de bris de coquilles sous la couveuse – la coquille des œufs contaminés étant fragilisée par l'ingestion des organochloré – permettant aux poussins d'éclore alors qu'en nature ils auraient été écrasés sous la femelle.

• d'autre part, on provoquait une ponte de remplacement supposée moins contaminée – une partie des organochlorés ayant été éliminés dans la première ponte.

La mise en œuvre

Dans un premier temps, il s'agissait de prélever les pontes des couples de nicheurs improductifs ainsi que celles de quelques couples productifs pour constituer un « pool » de géniteurs captifs dont les jeunes reproduits en captivité ont été « ré-introduits » en Nature. Initié de 1972 à 1973 à titre expérimental, ce projet a été validé par un arrêté ministériel de décembre 1974.

Le choix initial...

...a porté sur des couples improductifs pour deux raisons :

s'assurer – sans risque pour la population sauvage encore saine, en cas d'échec – que le faucon pèlerin était apte, à l'instar d'autres espèces, de réaliser une ponte de remplacement après disparition de la première – ce qui était contesté par certains ornithologue.

• vérifier si des couples contaminés pouvait redevenir productifs par l'élimination d'une partie des polluants chimiques dans leur première ponte.

La pratique

Les œufs de quelques couples improductifs ont été prélevés 3 à 5 jours après la ponte. Les femelles concernées ont produit une ponte de remplacement 15 jours plus tard.

En nature, les pontes de remplacement ont été incubées au moins 1 mois au lieu d'être abandonnées après 15-20 jours comme précédemment suite à l'écrasement des œufs. Certaines de ces pontes ont produit quelques jeunes alors que d'autres, trop contaminées, ont néanmoins été incubées plus d'un mois, attestant d'une réduction de contamination par rapport à la première ponte.

Les jeunes obtenus par incubation artificielle ont été pour certains remis en nature et pour d'autres conservés en volière pour constituer une souche de géniteurs captifs.

La « ré-introduction » en nature

la ré-introduction des jeunes issus de captivité a été réalisée selon deux techniques :

• la « réinjection » dans les aires de couples sauvages peu productifs, les jeunes étant adoptés par les adultes – comportement encore inconnu à l'époque.

• le tacquet, ancienne technique de fauconnerie qui consiste à placer les jeunes de 20-25 jours dans une aire artificielle protégée des prédateurs et de les nourrir jusqu'à leur envol et leur dispersion.

Les résultats

Le « projet pèlerin » a permis de montrer, non seulement que le faucon pèlerin était capable de réaliser des pontes de remplacement, mais aussi que les deuxièmes pontes étaient moins contaminées que les premières.

De 1974 à 1980, une quarantaine de jeunes faucons a été remise dans la nature, renforçant ainsi la productivité de la population régionale et accentuant sa récupération – 18 couples en 1974, un peu plus de 200 en 2003.

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